26 ans après ou une nouvelle rencontre pour un nouveau départ

A quelques poignées de semaines près, 26 années séparent les interventions conjuguées des représentants de l’Allemagne et de la France au Parlement européen de Strasbourg.

A 26 ans de différence, se joignent deux interventions qui feront dates.

Celle d’Helmut Kohl et de François Mitterand en décembre 1989 qui  deux semaines après la chute du mur de Berlin avaient prôné l’ouverture aux pays d’Europe de l’Est et celles d’Angela Merkel et de François Hollande, mercredi 7 octobre 2015, qui ont plaidé avec conviction pour plus d’unité et de courage pour faire face aux défis que l’afflux de réfugiés.

A chaque fois les interventions sont historiques. A chaque fois le couple franco-allemand, qui se voit confier le rôle de donner de rythme de l’attitude à adopter face aux nouveaux défis extérieurs, choisit l’approche du cœur.

Le cœur pour répondre aux défis humains gigantesques qui se présentent. Le cœur 26 ans après cette ouverture historique à l’Est de l’Europe qui a tant souffert des années de plomb de communisme. C’est pourquoi cette intervention conjointe au Parlement européen ce 7 octobre revêt une valeur historique forte non seulement pour les moteurs de la construction européenne mais aussi pour l’ensemble de l’Union européenne (UE) et de l’Europe toute entière.

Et cela à un moment où la locomotive européenne peine à trouver son souffle pour relever les défis qui se présentent à lui : gestion de la crise monétaire avec les pays du Sud de l’Europe (la Grèce en particulier), gestion de la crise de l’Euro, gestion de l’accueil des réfugiés, syriens en particulier ou encore positionnement difficile face à l’Ukraine.

Paris et Berlin ont souvent face à ces dossiers clés des approches différentes mais trouvent toujours au final un terrain d’entente. A propos de la crise des réfugiés, c’est la France qui a fait un pas en acceptant finalement l’application du principe des quotas demandé par l’Allemagne.

Cette approche pragmatique adoptée par Paris et Berlin permet à l’UE de continuer à espérer pouvoir à l’avenir relever les défis migratoires qui se présentent en ce début de siècle.

En adoptant cette attitude pragmatique face aux défis migratoires, en particulier l’acceptation du principe de la répartition équitable du poids des réfugiés par quotas pour l’ensemble des pays du continent, les deux pays moteurs de l’UE franchissent un pas important. Et cela dans un contexte où l’Europe vieillissante peine à renouveler les rythmes générationnels. Une Europe qui vieillit toujours plus et qui se doit de trouver des alternatives dans l’immédiat pour dynamique la partie active de ses sociétés nationales. Un défi que se doit de relever une Europe vieillissante en plein déficit démographique.

Or il apparait que la lecture que font les Suissesses et les Suisses à quelques jours des élections fédérales est tout autre. Au lieu d’adopter une attitude d’ouverture mesurée, il semblerait que la population suisse se cabre dans son vécu et se méfie de ces nouveaux migrants. Les récents sondages liés aux élections fédérales du 18 octobre semblent hélas aller dans ce sens.

L’UDC serait en train de profiter de l’effet médiatique de peur lié aux récentes vagues migratoires d’août et septembre dernier 2015 puisque ce parti pourrait à ces élections dépasser son meilleur résultat de 29% obtenu en 2007.

Et pourtant, si on y regarde de plus près, cela saute aux yeux que l’Europe vieillissante, incapable d’assumer le renouvellement générationnel de sa population, a un urgent besoin du Sud pour assurer sa santé économique et démographique.

Les experts ont beau le marteler avec des explications statistiques, rien n’y fait.

Alors bien sûr, il faut à toute chose raison garder. La Suisse ne peut pas accueillir tout le monde et une politique d’asile juste mais ferme se doit d’être adoptée.

Face aux drames humains qui sont à nos portes, il en va de notre responsabilité d’Etat.

26 ans après cette ouverture à l’Est, l’Europe, notre Europe, doit prendre en main son destin pour aider le Sud qui a autant besoin de nous que nous avons besoin de lui.

Jean Dessoulavy

Coordinateur Nomes Neuchâtel

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Une réponse à 26 ans après ou une nouvelle rencontre pour un nouveau départ

  1. Andrés dit :

    Article en phase avec la situation actuelle, qui rappelle le parallélisme entre les initiatives de Kohl-Miterrand et Merkel-Hollande dans des crises comparables. Mais surtout c’est intéressant, comme l’auteur met en avant, que derrière cette locomotive c’est l’UE qui suive. Et pendant ce temps la Suisse se laisse bercer par la mélodie du flutiste de Hamelin….

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